VOUS AVEZ DIT LIBERALISME ?

Publié le par Michel Boissard

 

 

 

 

                                      VOUS AVEZ DIT LIBERALISME ?

 

                               Marx qualifierait cela de ruse de l’histoire. Le philosophe Jean-Claude Michéa, qui vit et enseigne à Montpellier, embarqué par le « Figaro littéraire » (13.09.2007) dans la cohorte des thuriféraires du libéralisme ! Et ceci car aux premières lignes de son nouvel et brillant  opus, le libéralisme est présenté comme la vérité du mouvement historique des sociétés modernes.  C’est-à-dire que « le monde sans âme du capitalisme contemporain constitue la seule forme historique sous laquelle cette doctrine libérale originelle pouvait se réaliser dans les faits. » Bien plus qu’à juger de la valeur de son adéquation à la modernité, Michéa s’emploie à démonter le  mécanisme de la domination quasi universelle de cette pensée. Utilisant la fable platonicienne, il distingue les pères fondateurs -  Gorgias, les épigones – Polos, les acteurs et profiteurs institutionnels du Système – Calliclès. D’abord, Benjamin Constant ou la défense des libertés politiques contre la réaction conservatrice. Ensuite, les contempteurs du Welfare State. Enfin, Jean-Claude Trichet et la B.C.E… Soit l’irrésistible mise en question de ce  que les libéraux nomment la « tyrannie du Bien », la dictature du Progrés !  Ou bien encore la volonté totalitaire d’imposer une société idéale et un homme nouveau.  Inversement, les descendants d’Adam Smith « s’en remettent au seul principe qui ne saurait mentir ou décevoir, l’intérêt des individus. »  Pessimisme de l’intelligence, le libéralisme des origines entend « protéger l’humanité de ses démons idéologiques en offrant à ces égoïstes incorrigibles, les hommes,  les moyens de vivre en paix et de vaquer à leurs occupations. » De nos jours, alors  que la globalisation  règne,  triomphent les NTIC, vacillent les derniers tabous (retraites, sécurité sociale, contrat de travail…),  L’Empire du moindre mal  singeant son pire adversaire, se donne pour ultima ratio  l’avènement contraint et forcé du meilleur des mondes !

 

 

                                                                                                                       Michel Boissard

L’Empire du moindre mal, J.C. Michéa, Climats, 2OO7, 19 euros      

Publié dans articles La Gazette

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