TRANSFORMER LE MONDE, CHANGER LA VIE

Publié le par Michel Boissard

                                 


Visitant Rome, qui  aurait la curiosité de rechercher, via delle Botteghe oscure, le siège de feu le Parti communiste italien (l’un des plus puissants d’Occident au 20è siècle), se heurtera au mutisme des pierres. Sous le regard soupçonneux de vigiles, au fond du hall glacé d’une multinationale financière, il entr’apercevra le buste de Gramsci non loin du drapeau défraîchi d’une brigade fédérée de la Commune de Paris… Ce « Silence des communistes » fit le sujet d’un des plus percutants spectacles d’Avignon 2007, dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent. C’est aussi, à lire d’urgence, un petit livre politique de grande portée. Trois militants de gauche transalpins  s’interrogent sur ce qui, sans doute, sera l’une des tragédies majeures de l’histoire contemporaine. La faillite de ce qui s’est appelé, peut être par antiphrase, communisme.  Au travers du questionnement porté par Vittorio Foa à ses camarades, anciens dirigeants du PCI, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin, ce n’est pas seulement l’histoire italienne qui est convoquée. Mais l’engagement révolutionnaire qui a structuré les comportements et nourri les esprits de millions  de femmes et d’hommes.  Confrontant  sa pérennité au feu des évènements. Tout y passe ; l’aveuglement sur la « patrie du socialisme », la difficulté de parler après la chute du Mur, les transformations générées par le capitalisme, la double face de la globalisation, les mutations de la valeur travail, l’altermondialisme, ce que fut le marxisme et ce que sont aujourd’hui les intellectuels. Une salubre interpellation à toute la gauche autour de ce mot d’ordre cher à André Breton, et qui n’a rien   perdu de  son actualité : transformer le monde, changer la vie.

 

 

                                                                                                                                                Michel Boissard

 

Le silence des communistes, V. Foa, M.Mafai, A.Reichlin, L’Arche, 2007, 13 euros.


Publié dans articles La Gazette

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