LA VIE ET L’AMOUR D’UNE FEMME

Publié le par Michel Boissard

LA VIE ET L’AMOUR D’UNE FEMME Rien ne sied mieux à Régine Crespin (1927-2007) que le poème du romantique allemand Chamisso – transfiguré par la grâce du compositeur Robert Schumann - « L’amour et la vie d’une femme ». La cantatrice donne d’ailleurs ce titre à une partie de ses Mémoires. Que voici réédités l’année même où nous quitte cette marseillaise de naissance - nîmoise autant qu’on peut l’être. « Ma vraie vie, mon adolescence, mes études, mes premières amours, mes premiers chagrins, mes morts furent à Nîmes que je considère comme ma ville… » De la Cité des Antonin, La Crespin a hérité un tempérament rude. Un caractère entier. Rebelle. Digne de sa grand-mère Cesira Mannolini. Une âme forte, née prés du village italien de Lucca. Avant que d’émigrer vers ce qui fut l’antique Phocée. Au temps où n’existait pas encore la carte « Compétences et Talents» chère au Ministre Hortefeux ! Régine, fille choyée d’un père « macho sans complexe », sévère et généreux – fier de sa progéniture. Formée par « Papa Carrière « -Edmond Carrière, chef d’orchestre au Théâtre de Nîmes. Qui la dirige en 1949 dans son premier « Otello », la révèle à elle-même, la « lance » ! Du lycée Feuchères au Conservatoire de Paris, le chemin est court ! Le temps de trois premiers prix : chant, opéra, opéra-comique. Maintenant, les titres lyriques s’enchaînent : Lohengrin, Tosca, Tannhaüser, Les Troyens, Le Chevalier à la Rose… Et se succèdent les lieux prestigieux, de Bayreuth au Metropolitan de New-York ! Sans oublier jamais la gamine qui claironnait, avec l’accent, à l’appel de son nom : »Reïne Cresping, rue Glandeves numéro cinnnq ! ». Et se souvenir toujours que « la carrière se fait avec une matière première qui se nomme la vie. » Michel Boissard A la ville, à la scène, R. Crespin, Babel-Actes Sud, 2007, 9,50 euros

Publié dans articles La Gazette

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