UN PASSEUR DE LIBERTE

Publié le par Michel Boissard


 

Max-Pol Fouchet (1913 – 1980), pour la génération des sixties, est l’homme par lequel la culture advient à la télévision. Et réciproquement. Qui pourrait oublier la chaleur communicative du critique invitant à découvrir « Les Larrons » de Faulkner ? Ou  l’amoureux des Impressionnistes ? « Lectures pour tous » et « Terre des Arts » demeurent d’inégalables moments de plaisir devant les « étranges lucarnes ». Pour qui le découvrira avec  « Demeure le secret » (1961), c’est un poète passeur de liberté.  Justement republié, voici un recueil  de haute lice. Qui nous met en rapport avec le cosmos : ciel, arbres, oiseaux, fleurs…  Qui dit la présence charnelle des choses : « Ce que signifie dans l’aube la fumée des villages… »  Qui évoque notre humaine destinée : la vie, l’amour, la mort. L’ami  de lycée de Camus ressaisit l’Histoire au travers des rythmes du quotidien. Ecoutez donc « La Prise de Barcelone » (1939) : « Sardane des hommes libres / floraison des amandiers / qui croit vous interrompre ? / Vous mûrissez fleurs tuées / des chants plus hauts / des gestes plus forts / une légende neuve / Dure amande / République de la douleur / je n’ai rien fait sinon / serrer le poing / au nom de ce qui vient  / de ce qui est sûr » Comme l’écrit Marie-Claire Bancquart, sa préfacière, entendons « l’appel » de Max-Pol Fouchet ; « il rejoint ce qui, en nous, est essentiel. »

                                                                                                                     Michel Boissard

Demeure le secret, M.P. Fouchet, Actes Sud, 2008, 18 euros.


Publié dans articles La Gazette

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