UN HOMERE DE PROVENCE

Publié le par Michel Boissard


 

Voici un livre iconoclaste. Ecrit par son auteur, Frédéric Mistral (1830 -1914), un  peu après qu’il ait reçu le Prix Nobel de Littérature  Tout à  sa gloire de poète, de mage de la Renaissance provençale – auteur  du « Trésor du Félibrige » et  créateur du Muséon arlaten.  Il y brise, en effet, sa statue. Pour refaire l’itinéraire qui l’a mené du Mas du Juge de son enfance à Maillane, de l’influence de son professeur de collège Roumanille, au baccalauréat passé à Nîmes (« C’est sur l’Esplanade, ô Mireille… »). Des rencontres avec Aubanel et Anselme Mathieu à  la fondation du Félibrige (1854). Et à l’écriture de « Mireille » (1859). A la renommée que lui confère  Lamartine : « Mistral avait la bienséance de la vérité ;  on sentait dans sa mâle beauté le fils d’une de ces belles arlésiennes, statues vivantes de la Grèce qui palpitent dans notre Midi. » Le  génie de cette autobiographie est d’entrelacer la radioscopie de la vie rurale et de la destinée familiale. Accolant la figure de la mère  aux horizons « pleins d’étoiles, de violons et de tambourins » de la Provence. Faisant de celle du père le synonyme de la Loi et des Prophètes . Ressuscitant la culture du Sud « quelque part aux frontières du XVIIIè et du XIXè siècle » Puis, entre le recueil ethnographique de chansons et d’historiettes, et la chronique  des règnes de Louis-Philippe et de Badinguet vus depuis Avignon et Arles, rendant un superbe hommage à Alphonse Daudet «  qui aura ridiculisé les Tartarin et les Roumestan, ces imbéciles qui voulaient franciser le parler provençal ». !

                                                                                                                                   Michel Boissard

 

Mes origines, Mémoires et récits, F. Mistral, Babel-Actes Sud, 2008, 8,50 euros

Publié dans articles La Gazette

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