DE GRANDS DEPARTS INASSOUVIS…

Publié le par Michel Boissard

 

 De grands départs inassouvis…Ce vers de Jean de la Ville de Mirmont irait comme exergue au recueil du nîmois Stephan Bertrand, couronné par le Prix Max-Pol Fouchet 2007. Qu’on en juge  : « Au premier rêve du rêve / c’était d’eau verte. / C’était calme et sel / aux commissures des vagues / sans bouches. » Rimbaud l’a dit : la vraie vie est ailleurs. Avec le colibri, cet oiseau-poème des îles,   qui « sait ce que j’écris. / A 11h24, en 1967, il m’a appris à crier /clinique Séverine, Nîmes. / J’étais prêt à 11h25. »   A prendre  l’envol de l’existence : « A onze ans je lâche des oryx / beaux comme des onirismes / dans ces arènes de Nîmes. / Du haut des arcades, / je tourne pour affûter l’horizon / à la meule du soleil, dik-dik,  / avec des colibris étincelles/ plein les yeux. »  Le colibri c’est encore la mémoire d’un volcan imaginé : la Soufrière, qui suggère un coup de grisou dans quelque mine réelle de la Grand-Combe.  Littérature : le colibri pose « une plume inimaginable » sur le front troué de Federico Garcia Lorca « à la date anniversaire de son assassinat à Grenade… Histoire :  «   On a coupé des ailes de colibri à Dachau, / Wounded Knee, Hiroshima ».  Le colibri accompagne Kérouac sur la route, Saint-John Perse vers les  mers, Neruda jusqu’aux hauteurs du Macchu-Picchu .  Irriguant de lumière, de lyrisme et d’émotion la plume déliée du poète !

                                                                                                                          Michel Boissard

Premiers dits du colibri, S. Bertrand, Le Castor Astral, 2008, 12 euros

 

Publié dans articles La Gazette

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article