D’ARTAGNAN AVAIT UN FRERE

Publié le par Michel Boissard

                    

 

Qui connaît encore Louis Codet (1876 – 1914) ? Pourtant, voici un écrivain doublement d’ici. Natif de Perpignan. Qui fait ses premières armes littéraires en compagnie du dramaturge Henry Bataille (1872 – 1922), un nîmois également oublié.  Pour l’adaptation théâtrale de « Résurrection », le roman de Tolstoï (Théâtre de l’Odéon, 1902). Mais Codet a simplement le tort d’être un petit maître. Mort à trente-huit ans des suites de la guerre de 14/18. Ce descendant de Voltaire réémerge grâce aux éditions Privat-Le Rocher. Avec une longue nouvelle, parue il y a juste quatre-vingt dix ans : « César Capéran ». Le portrait gravement naturaliste  d’un frère de d’Artagnan ! Tout à ses fantasmes de renommée. Gascon mythomane qui hante les rivages du Quartier Latin au bord du XXè siècle. Une sorte de « misfit » - de désaxé de la vie, aurait dit plus tard Arthur Miller. Qui veut écrire un grand roman. Mais éprouve le vertige de la page blanche. Devient dir-cab d’un Ministre. Mais se noie dans les méandres radicaux-maçonniques de la IIIè République. Finit à Saint-Mauléon, conservateur d’un musée de faïences. Lequel est, bien entendu, dépourvu de toutes faïences… Avec pour seule gloire d’asseoir quotidiennement son cul dans le fauteuil (supposé) de Diderot ! Un véritable exercice de style, nourri du lait de l’humaine tendresse.

                                                                                                                      Michel Boissard

César Capéran ou la Tradition, L. Codet, 2008, Motifs, 6 euros.

 

Publié dans articles La Gazette

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