ENCORE UNE FOIS SIMONE DE BEAUVOIR…

Publié le par Michel Boissard

             

 

Précieux pour la réflexion, la finesse d’écriture et l’empathie  humaine,  le recueil que nous offre Geneviève Fraisse est, au centenaire de sa naissance, un remarquable « tombeau »  dédié à Simone de Beauvoir.  Celle qui se voyait dans une société profondément machiste en « correspondante de guerre », de l’un et l’autre côté de la barricade, est inscrite  dans l’histoire politique, philosophique, sociétale du dernier siècle. Jouissant du « privilège » d’être au cœur du pouvoir intellectuel –    comme un homme – et de devenir une référence  vivante du féminisme militant. Si l’on connaît peu Frieda Kahlo, c’est qu’elle est dans l’ombre du peintre Diego Rivera. Ou bien Gerda Taro cachée par le photographe Robert Capa.  Beauvoir n’est pas occultée par Sartre. Mieux : « Qui a influencé qui ? Qui a inspiré qui ? Sartre, ou Beauvoir ? » Dés lors, le terme « privilège », dont l’écrivaine use souvent, est à la fois « une affirmation et une bravade ». Loin de l’ acception d’Ancien-Régime - lex  et privum, la loi privée - c’est  surtout une conquête qui ne vaut que si elle est partagée. Importe désormais le rapport de l’ individuel au collectif, bien plus que la « guerre des sexes ».  Ce qui légitime  le mot ultime du «  Deuxième sexe » : Fraternité.

                                                                                                                   Michel Boissard

Le Privilège de Simone de Beauvoir, G. Fraisse, Actes Sud, 2008, 14 euros

Publié dans articles La Gazette

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