DANS L’USINE A RÊVES

Publié le par Michel Boissard

                                                    

Dramaturge comblé de « Topaze » et « Marius », Marcel Pagnol découvre le cinéma parlant en 1930, à Londres, avec « Broadway Melody « . Le  réalisateur de « La femme du boulanger », chef-d’oeuvre du néoréalisme français,  ne sait pas encore qu’il sera l’un des créateurs du cinéma d’auteur. Il écrit alors : « L’auteur n’est donc qu’un écrivain à qui l’on achète un titre. »  Pareil pour Guitry qui, selon Truffaut, ignore qu’il est un prodigieux inventeur de formes nouvelles. Comme dans « Le roman d’un tricheur »,  le seul « film de fiction de l’histoire du cinéma qui soit commenté en voix off à 90%... » « Ecrire ou filmer » ? interroge J.M.G Le Clézio. Fort de son expérience de jeunesse au ciné-club Jean Vigo, sur les hauteurs de sa Nice natale, il répond : les deux. Malraux est cinéaste et romancier. Il tourne « Espoir  » et publie « Esquisse d’une Psychologie du cinéma ». On y lit : « Marlène Dietrich n’est pas une actrice comme Sarah Bernhardt, c’est un mythe comme Phryné. » Car le cinéma est, avant tout, un art. De l’image, précise Colette, émerveillée de se sentir poreuse à l’infini face au film de l’expédition du Capitaine Scott vers le Pôle Sud en...1914 ! De l’émotion, ajoute Simone de Beauvoir, qui  raconte les larmes de Sartre  quand Al Johnson interprétait « Sonny Boy », dans « Le Fou chantant », sur les écrans du Quartier Latin  de l’entre-deux guerres...

                                                                                                                           Michel Boissard

Le goût du cinéma, Mercure de France, 2008, 5,50 euros – Carnets de cinéma, M. Pagnol, La Treille, 2008, 15, 50 euros

Publié dans articles La Gazette

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