REFORME ? NON, REVOLUTION…

Publié le par Michel Boissard

                             

 

« Réforme », tome 8 de l’ »Histoire de France » de Jules Michelet  (1798 – 1874), heureusement rééditée, paraît en 1855. Un quart de siècle, plus tôt, Guizot, dans son cours « La Civilisation en Europe » a fixé les cadres d’interprétation de cette rupture majeure dans l’histoire de l’Europe chrétienne au XVIè siècle. Pour le nîmois, c’est une « révolution religieuse ». Un moment fort de l’émancipation de l’esprit humain s’extrayant de la tutelle catholique. La préfiguration spirituelle d’un 1789 politique. Michelet intègre et développe, le style en plus. Il n’y a pas une Réforme protestante, mais des Réformes spécifiques – France, Allemagne, Pays-Bas, etc. Luther puis Calvin s’affirment en raison du développement de l’imprimerie. La Réforme c’est l’Ecriture et le Livre.  Brossant un tableau de genre de ses acteurs français – tels Marguerite de Valois, sœur de François Ier, ou l’évêque Briçonnet – Michelet souligne l’importance

du facteur intellectuel dont, à sa façon, témoigne la fondation du Collège Royal, première université de Nîmes (1539)… Enfin, la Réforme s’accorde avec la structuration des Etats princiers. Guizot l’avait déjà dit : « …elle est plus grande comme évènement que comme système. » Michelet et lui préfigurent étonnamment Jaurès commentant l’œuvre de Luther : « Celui  qui renouvelle le Ciel, rénove la terre. »

                                                                                                                        Michel Boissard

Histoire de France, Réforme, Michelet, Editions des Equateurs, 2008, 15 euros

 

Publié dans articles La Gazette

Commenter cet article