LA CHINE, AUJOURD'HUI, DEMAIN ... HIER !

Publié le par Michel Boissard

              

                                               

                                           

 

« La Chine, aujourd’hui, demain...hier ! », intitulé de la conférence donnée au printemps dernier à Nîmes par l’historien et sinologue Alain Roux, s’accorde à la (re) lecture des oeuvres de Pearl Buck (1892-1973) dans le sillage médiatique des J.O de Pékin. Native de Virginie, fille de missionnaires, Pearl Buck vécut en Chine jusqu’au milieu des années 1930. De « culture bifocale », la première américaine à recevoir le Nobel de Littérature en 1938  a connu de l’intérieur les métamorphoses majeures de l’Empire du Milieu au XXe siècle : chute de la dynastie, proclamation de la République, invasion japonaise, prémisses de la révolution communiste. « La Mère » (1934) et « Le Patriote » (1939) sont les bornes témoins de cette prodigieuse évolution de la société chinoise. De l’évocation tendrement anthropologique de la vieillesse à l’exaltation de la jeunesse révolutionnaire engagée pour « le Bien de la Cause ». Parallèlement, entre  « La Terre Chinoise » (1931) et « L’Impératrice de Chine » (1956), puissant portrait de Tseu-Hi, l’ultime souveraine, se déclinent d’originales thématiques politiques au travers de fictions romanesques ni mièvres ni démodées. La célébration du métissage –  aujourd’hui le multiculturalisme – sent le soufre maintenant comme hier.  L’extrême attention portée par Pearl Buck aux paysans misérables de la province de l’Anhui – elle s’installe parmi eux en 1917 –  permet de comprendre les mécanismes de la rente foncière comme la force des racines rurales de la Chine contemporaine. Enfin, « Pivoine » (1948) et « Pavillon de femmes » (1946) témoignent-ils de la place  réservée par la romancière à la condition de la femme – de l’indépendance physique, du quotidien domestique au divorce, même si  les héroïnes de Pearl Buck se résignent à être nées femmes plus qu’elles ne cherchent à le devenir !

                                                                                                                                     Michel Boissard

Impératrice de Chine, La Terre Chinoise, P. Buck, Omnibus, 2008, 26 et 25 euros

 

 

                                               

Publié dans articles La Gazette

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