ET SI JE T’AIME, PRENDS GARDE A TOI…

Publié le par Michel Boissard

Du temps qu’avec André Gide, en leur commune jeunesse montpelliéraine, il hante les allées du Jardin des Plantes,  une robe passe dans la vie de Paul Valéry (1871-1945). Portée par la baronne de Rovira, son premier et mythique amour.  Le trouble qu’il en conçoit est suivi de la célèbre « Nuit de Gênes » au cours de laquelle, en 1892, le Sétois décide de renoncer aux séductions du cœur comme à la poésie. Pour se vouer à la pure intelligence.  Car  selon le mot de son double littéraire Edmond Teste : « La bêtise, n’est pas (son) fort. » Valéry rompra ce serment à trois reprises. Dans les années 1920, en renouant avec les Muses : et c’est « La Jeune Parque ». Ensuite,   la rencontre de Catherine Pozzi suffit à ce que « chacun mesure le vide insoupçonné que comble la présence de l’autre » (Michel Jarrety).  Enfin,  à 67 ans sonnés, en 1938 -  l’année de sa leçon inaugurale au Collège de France - « sur fond de triste vieillesse existentielle », il tombe amoureux fou  de Jean Voilier, - pseudonyme de Jeanne Loviton - sculpteur et romancière. De cette passion d’extrême automne émergent cent cinquante – admirables - poèmes  - demeurés inédits.  Où s’entrelace le rythme symboliste : « Nous sommes deux qui nous sentons comme UN / Plus merveilleusement soi même que nous-mêmes » au sonnet de Pétrarque : « Je te quitte… Mes mains tremblent, / Ta douceur rêve en mes doigts, / Et j’entends des mots qui semblent / Des nuances de ta voix »… 

 

                                                                                                                                                   Michel Boissard

Corona & Coronilla, Poèmes à Jean Voilier, P. Valéry, De Fallois, 2008, 22 euros

Publié dans articles La Gazette

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