JEAN CARRIERE, UNE VIE POUR L’ECRITURE

Publié le par Michel Boissard

                                             

 

Lisez, s’il vous plaît et  sans retard, le numéro deux des « Cahiers Jean Carrière » ! Un choix de textes inédits contribue à dissiper, pièces à l’appui, le malentendu littéraire qui fait de l’auteur de L’Epervier de Maheux (Prix Goncourt 1972),  le démiurge – à l’œuvre hypothétique – d’un seul roman. Poèmes, essais, nouvelles, conçus de 1942 à 1965 – la veille de la publication de son premier opus Retour à Uzès – attestent que Jean Carrière (1928-2005) décide tôt de vouer sa vie à l’écriture. Les influences se font sentir, telles ces lignes aux accents dignes de Saint-John Perse : « Je m’éveille dans l’eau fraîche du matin, tiède encore d’une nuit incertaine. Je marche sur la pierre nue. Aucun soleil ne tache le silence. » (1942) Ou bien, comme le note son préfacier Serge Velay, le ton rimbaldien du Château (1946), fiction déjà riche d’une volonté d’introspection métaphysique. Quitte à égarer Dostoievski dans les arcanes du Nouveau Roman avec Les Forêts du Nouveau Monde (1958), dont le style subit la forte attraction de Butor ou Sarraute. On lira surtout avec profit (et passion !) l’ensemble autobiographique des Lettres à Jean Giono et des Lettres à un Père (1954-1956), qui ouvre une piste féconde à la recherche sur un thème essentiel de la création chez Carrière : la filiation identitaire. En suivant son ami Jacques Hébrard – Pour une autre lecture de Jean Carrière – on saisira la complexité d’une personnalité hantée par la musique, cultivée, ouverte à tous les vents du monde, fidèle à ses racines et ses affections, qu’il serait plus que  jamais réducteur de classer au nombre des écrivains régionalistes.

 

                                                                                                                                          Michel Boissard

Cahiers Jean Carrière 2, Ecrits de Jeunesse, Domens, 2009, 19 euros      

Publié dans articles La Gazette

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