LE BRUIT DE LEURS PAS…

Publié le par Michel Boissard

 

                                                               

 

« O gens que je connais / Il me suffit d’entendre le bruit de leurs pas / Pour pouvoir indiquer à jamais la direction qu’ils ont prise ». Est-il meilleure exergue que ces vers d’Apollinaire au fronton du recueil  de portraits brossés de main alerte par le journaliste Jean Daniel ? Vus, côtoyés, rencontrés, interrogés, lus, aimés, celles et ceux que le fondateur du « Nouvel Observateur » nomme les miens. Car ils ont fait de lui ce qu’il est. Tel l’uzétien normand André Gide mêlant l’ivresse de la liberté au désir du désir. Un « professeur de doute » dont la vérité humaine gît dans la contradiction. Camus l’algérien – « l’homme qui proclame : je me révolte, donc je suis ». L’aquitain François Mauriac. « Mauriac le Redoutable », dont la figure de polémiste eût inspiré  le pinceau de Zurbaran « qui fut la gloire de l’Extramadure au XVIIe siècle ». Maurice Clavel, « le grand perturbateur ». L’Héraultais de Frontignan. Romancier, dramaturge, philosophe, chroniqueur « dont la force et la grandeur ont été de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ». Ou encore Jean Cau, l’Audois de Bram. Secrétaire de Sartre. Auteur de « La Pitié de Dieu », Prix Goncourt 1961. La tauromachie chevillée au corps et à l’écriture. Qui achève sa trajectoire par un galimatias de droite poujadisée… Un plaisir de lecture qui se prolonge entre autres pépites de style avec Vittorini, Malraux, Senghor, Mohammed Dib ou Germaine Tillion…

 

                                                                                                                                                 Michel Boissard

 

Les miens, J. Daniel, Grasset, 2009, 20 euros

Publié dans articles La Gazette

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