MEMOIRE VIVE D’UNE COMEDIENNE

Publié le par Michel Boissard

                                                        

                                                                 

 

Petite-fille de l’historien G. Lenotre (1855-1935), Hélène Plat, familialement frottée de culture romanesque, poétique et théâtrale, nous livre la  chaleureuse biographie de Blanche Duhamel (1886-1975).  Présentée d’ordinaire comme l’épouse de l’écrivain Georges Duhamel et la mère du compositeur Antoine Duhamel.  Mais qui, sous le nom – « doublement affirmateur de clarté «  (M. Druon) - de Blanche Albane est, dans les années 1900,  une des plus remarquables actrices de la scène française.  Née dans une famille pauvre d’immigrés italiens, Blanche sera révélée à son talent par une vieille demoiselle qui lui donne  formation littéraire et musicale. Au point qu’elle est distinguée par le groupe de jeunes écrivains réunis au phalanstère intellectuel de l’Abbaye de Créteil, dont le médecin Georges Duhamel…  L’incontournable Conservatoire débouche sur l’Odéon. Sous l’impulsion d’André Antoine, c’est le cœur battant du « Théâtre Libre ». Blanche Duhamel  interprète Molière et Shakespeare, Jean  Schlumberger - un des fondateurs de la NRF, le gardois Léo Larguier ou Jules Romains – le futur auteur de « Knock ». Sarah Bernhardt lui permet de reprendre son propre rôle dans « L’Aiglon » de Rostand. Elle est encore Marguerite Gautier, dans « La Dame aux camélias »…  Gide,  Martin du Gard,  Cocteau, Claudel, Mauriac,  Malraux, Valéry ou André Chamson, elle fréquente l’armorial des lettres françaises du siècle dernier.  Embarquée sur le chariot de Thespis,  elle laisse une trace lumineuse au côté de Jacques Copeau, Charles Dullin, Valentine Tessier, Louis Jouvet ou les Pitoëff.  La mémoire vive d’une comédienne.

 

                                                              Michel Boissard

Blanche Duhamel, la jeune fille de juillet, H. Plat, Domens, 2008, 20 euros

 

 

Publié dans articles La Gazette

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