La Comédie des Ténèbres, Balzac,

Publié le par Michel Boissard

Balzac revisité par Hoffmann

 

Vers 1949-50, le jeune Françis Lacassin, originaire de Saint-Jean de Valériscle, lycéen à Alès, passe ses dimanches à chiner aux Puces, le long du Gardon. Sans doute est-ce là qu’il découvre, entremêlée à quelques volumes de Léo Malet, le père montpelliérain de Nestor Burma, l’œuvre fantastique du bachelier ès-lettres Horace de Saint-Aubin. Le futur Honoré de Balzac. Devenu éditeur, natif d’un village qui signifie étymologiquement vallée du risque, voici qu’il nous procure un remarquable recueil de nouvelles et romans « ténébreux » du démiurge de « La Comédie humaine ». En quelque sorte sa face d’ombre, sa part d’Apocalypse. Balzac revisité par Hoffmann. On n’est pas surpris de cette inspiration littéraire qui allie le somnambulisme de « L’Auberge rouge » au satanisme du « Centenaire », le crime au fric. Ne préfigure-t-elle pas les noces infernales de Lucien de Rubempré avec « la sacrée pièce de cent sous » ? Pas davantage de l’histoire surnaturelle de l’androgyne « Séraphita », inspirée à l’auteur de « Jésus Christ en Flandre » par l’irénique statue de deux anges enlacés, due au ciseau d’un cousin sculpteur de Marceline Desbordes-Valmore. Balzac, ce catholique monarchiste, croit en effet aux forces de l’Esprit. Pour mieux se protéger d’une vie qui fait comme « La Peau de chagrin ». D’une société où « l’âme a froid ». Toutefois, remarque le philosophe Jankélévitch, le fantastique veut moins être cru que compris …

 

Michel Boissard

 

 

La Comédie des Ténèbres,  Balzac, présenté par F. Lacassin,  Omnibus, 2007, 28 euros

Publié dans articles La Gazette

Commenter cet article