Faut-il brûler la Galigaï ? P. Combescot,

Publié le par Michel Boissard

Splendeur et chute d?une intrigante

 

Il y a un côté Dumas dans le roman de Pierre Combescot. Qu?on retrouve dans le meilleur de l??uvre picaresque de notre Alexandre le Grand. Et qui a pour titres « La Reine Margot », « Les Quarante-cinq », et «  La Dame de Monsoreau ». Car la scène se passe au même XVIème siècle. A Florence, d?abord. Sous le règne de Côme de Médicis. Trente ans après que le Concile de Trente (Italie du Nord) ait remis de la discipline dans une Eglise secouée par la Réforme. Là, naissent Léonora Dori et Concino Concini. La fille d?un charpentier et d?une lavandière. Le rejeton d?une famille patricienne, à la vocation de futur beau gosse. La première, érigée en s?ur de lait de Marie de Médicis ? petite fille du prince régnant ? sera son indispensable confidente. La suivra en France lorsqu?elle se mariera avec Henri IV. Deviendra sous le nom (acheté) de Léonora Galigaï son gourou, puis une redoutable femme de pouvoir. Ayant épousé le second, flambeur, escroc et parvenu sous le titre de Maréchal d?Ancre, elle est pour l?histoire ce personnage qui, dit François Mauriac, n?a besoin pour dominer « d?autre philtre que celui des âmes fortes sur les esprits faibles ». Qui en remontrerait à Machiavel lui-même. Dès qu?elle jette bas les masques, une fois son mari liquidé par les sbires du roi, la voici vouée au bûcher comme sorcière ! Moraliste et fin connaisseur, le cardinal de Retz commente : « On ne sort de l?ambiguïté qu?à son détriment ».

 

Michel Boissard

 

Faut-il brûler la Galigaï ? P. Combescot, Grasset, 2007, 18,90 euros

Publié dans articles La Gazette

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