les Barbusse de tornac

Publié le par Michel Boissard

Les Barbusse de Tornac

 

 

Ce n’est pas faire preuve de chauvinisme départemental que d’annexer au Gard, le Prix Goncourt de l’année 1917 ! Pourtant, il honore l’un des témoignages les plus forts sur la Grande Guerre, « Le Feu, journal d’une escouade », et son auteur, Henri Barbusse, né en 1873 à Asnières (aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort à Moscou en 1937. C’est que le berceau familial des Barbusse est cévenol : d’Anduze, la cité commerçante des bords du Gardon, naguère capitale du vers à soie – et, plus précisément, à quelques kilomètres de là, de Tornac. Enfant, Henri Barbusse aimera qu’un hameau, qui domine son village, le Mas Barbusse, porte son nom. Il appréciera le caractère âpre et industrieux de ses habitants. Il se réjouira d’appartenir à une lignée de paysans huguenots si profondément attachés à leur liberté de conscience. Travail, foi, liberté, vérité, il y a là les thèmes majeurs d’une œuvre littéraire, commencée sous le signe du symbolisme (Les Pleureuses, 1893) et d’un romanesque provocant (L’Enfer, 1908) et qui après 1914-1918, face à un monde en quête d’espérance sociale et humaine, s’est faite « crieuse de vérité » (Clarté, 1918 ; Les Judas de Jésus, 1927).

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