Bonaparte et la Zapatera

Publié le par Michel Boissard

Bonaparte et la Zapatera

 

L’universitaire toulousain Yves Pourcher publie un remarquable essai d’ethnologie sur le charisme politique. Où il distingue, d’abord, les icônes transcendantes, les chefs oints des dieux, « lourds, solennels, lumineux », des figures du quotidien « prises sous l’œil des caméras, soumises au rythme des évènements. » D’un côté, le rayonnant Jean-Paul II, les libérateurs De Gaulle et Churchill. De l’autre, ce « Bonaparte impatient », Sarkozy, et la « Zapatera », Ségolène Royal, ici différenciée de l’expert Strauss-Kahn et du tribun Fabius. De sa formation, Y. Pourcher tire une propension à la classification. D’où la question : y a-t-il plusieurs sortes de charisme ? Lequel repose sur la rencontre entre l’art de la théâtralité politique et les circonstances historiques. Du coup, s’affirme le personnage symbolique plus ou moins confusément attendu par l’opinion. Il faut lire à cet égard les portraits du charmeur John Kennedy, de Ronald Reagan, l’acteur, de Mitterrand et Clinton, les artistes, et du tandem des illusionnistes, Giscard et Chirac. Cette étude, bien informée et bien menée, nourrit davantage d’interrogations que de réponses. Suffit-il à un caractère exceptionnel de « susciter l’émotion, de produire l’harmonie, de rassembler », d’être un « faiseur de sympathie », pour conduire le changement et incarner l’Histoire ?

 

 

 

Michel Boissard

 

 

Politique parade, Pouvoir, charisme et séduction, Y. Pourcher, Seuil, 2007, 17 euros

Publié dans articles La Gazette

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