La robe bleue … d’une rebelle

Publié le par Michel Boissard

La robe bleue … d’une rebelle

 

« Accablée des injures du malheur et de la vieillesse » une femme est assise dans le parc de l’asile psychiatrique de Montfavet, près d’Avignon. Elle a le regard vide. Cela fait trente ans qu’elle est là. Vêtue d’une robe grise ou brune de flanelle rayée, elle attend. Elle se souvient que, jeune, elle alliait la beauté au génie qui ont pris, dans un imaginaire rétrospectif, la couleur bleue de la robe qu’elle porterait pour accueillir son épisodique visiteur « Mon petit Paul ». Elle se nomme Camille Claudel. C’est l’un des sculpteurs les plus originaux du siècle. Son amour brisé pour Rodin l’a conduite vers la folie. Elle est la sœur de l’illustre Paul Claudel. L’écriture de Michèle Desbordes éclaire une âme rebelle. En lisant ce roman, on pense aux mots de Colette : de cette femme, burinée par le chagrin et dont on s’écrie « Elle est en acier ! », il faut dire qu’elle est « en femme », simplement, et cela suffit.

 

Michel Boissard

 

La robe bleue, Michèle Desbordes, Verdier, 2004, 11 euros.

Publié dans articles La Gazette

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article