Adrienne Durand-Tullou (1914-2000), la dame du Causse

Publié le par Michel Boissard

Adrienne Durand-Tullou (1914-2000), la dame du Causse

 

A 15 km du Vigan et à moins de 600 m d’altitude, Rogues compte 128 habitants. En 1938, il y en avait seulement 115 quand, venant de la région nîmoise, native d’Ardèche, Adrienne Durand-Tullou y prend son premier poste d’institutrice. C’est là, au « Taparel », qu’elle vivra jusqu’au terme. Et c’est de là que, reconnaissant pour sien un univers géographique « sévère et énigmatique », la jeune femme au caractère trempé inaugure un parcours la conduisant de l’enseignement primaire à une œuvre d’ethnographe et d’historienne. Vingt ans d’observations, de collecte de souvenirs, d’initiation de ses élèves à la connaissance de leurs racines, font d’Adrienne Durand-Tullou un docteur es-lettres de l’université de Montpellier (1959), elle qui n’avait pour tout bagage que le Brevet supérieur … Sous le patronage du Professeur Paul Marrès, dans l’amitié attentive de Paul Marcelin, conservateur du Musée d’histoire naturelle de Nîmes, elle édifie une œuvre mêlant les recherches sur la religion populaire (Le Diable et le Bon Dieu en Occitanie), l’enquête historique (Un contre-révolutionnaire cévenol , l’abbé Jean-Louis Solier dit Sans-peur), des portraits d’hommes du pays (Le Loup du Causse : la légende d’un compagnon de Rohan, 1594-1638). Les « Seigneurs de la terre » suivent de près l’ouvrage ethno-autobiographique qui la fait largement connaître : « Le pays des asphodèles » paru en 1989. Grâce à cette militante de la terre et de l’oustal, le Causse de Blandas et le Causse noir acquièrent une personnalité géographique et culturelle saisissante. A la hauteur de la rigueur scientifique et de l’empathie de la dame du Causse pour les choses et les gens des Cévennes.

 

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