Mademoiselle Chanel (1883-1971), gardoise ?

Publié le par Michel Boissard

Mademoiselle Chanel (1883-1971), gardoise ?

 

Celle qui, en 1914, invente le tailleur sport en jersey, libérant le corps féminin de formes désuètes, est-elle gardoise ? Au sens de l’état-civil, Gabrielle (dite « Coco ») Chanel, est née à Saumur (Maine-et-Loire) et décédée à l’hôtel Ritz, à Paris. Mais, comme le dit Malraux, la vérité d’un homme étant ce qu’il cache, l’une des grandes couturières françaises a poussé ses racines dans les Cévennes. Exactement à Ponteils-et-Brésis, 280 habitants, au nord-ouest d’Alès, canton de Génolhac. A l’enseigne « Bon pain. Bon vin. Loto. Liqueurs. Bonbons », ses aïeux paternels tiennent, depuis la fin du XVIIIème siècle, un estaminet qui, dans le vocabulaire local, devient le Chanel … Personnalité du Tout-Paris, de 1920 à 1970 ; amie des princes, des politiciens, des artistes – elle est mécène de Picasso et Diaghilev ; créatrice en 1932 du célèbre parfum Numéro 5 ; considérée en 1955 comme le couturier du siècle, habillant Sophia Loren et Jeanne Moreau, mais aussi symbole de l’élégance de ville avec le petit tailleur en tweed doublé de soie ; triomphante puis contestée, Coco Chanel a non seulement duré, mais elle a vécu. Son ami le poète Pierre Reverdy, est celui qui l’a peut-être le mieux dépeinte : « Le temps qui passe / Le temps qu’il fait / Le temps qui fuit / De mon obscure vie j’ai perdu / La trace / la voilà retrouvée ». Courage, ténacité, rigueur, ces qualités issues d’une terre cévenole dont elle refusa toujours de se réclamer, fût-ce au prix du mensonge, demeurent celles de Mademoiselle Chanel.

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