D’après le roman de …

Publié le par Michel Boissard

D’après le roman de …

 

On peut imaginer que c’est dans une chambre de l’hôtel du Midi à Nîmes, où il aima Lou, que Guillaume Apollinaire conçut le synopsis du film patriotique très 14-18 « C’est un oiseau qui vient de France ». Ou bien méditer l’aphorisme du dialoguiste Pierre Bost, originaire de Lasalle : «  Les auteurs de scénarios sont des types dans le genre de Racine : ma tragédie est faite, je n’ai plus qu’à l’écrire. » On peut découvrir que l’audois Joseph Delteil collabora à la « Passion de Jeanne d’Arc » signée Carl Dreyer (1928). Ou bien apprendre que le nîmois André Chamson fit carrière à l’écran. Avec « Le Crime des Justes » et « Tabusse » (1948) mis en scène par Jean Gehret. Exaltation de la tolérance dans le décor naturel des Cévennes. On peut se divertir à l’histoire de « Papoul ou l’Agadadza » (1948) qu’écrivit André Gide et que filma Marc Allégret. Un fonctionnaire des finances en proie à un désastre intestinal ne trouve d’autre hygiénique exutoire que les feuilles d’impôt des contribuables. Ou bien juger avec Alexandre Arnoux, qui rencontra Wagner à Nîmes à l’aube du siècle dernier, qu’il est superflu de connaître un roman avant de l’adapter à l’écran. Tant le cinéaste est un créateur absolu. Tout ceci en lisant « Le Poing dans la vitre », remarquable étude des rapports du cinéma avec la littérature. Dont Colette a fourni le titre. Collette qui comparait l’écriture filmique à des fragments de verre brisé qu’il faut minutieusement rassembler.

 

 

Michel Boissard

Le Poing dans la vitre, Institut Lumière – Actes Sud, 2006, 28 euros

 

Publié dans articles La Gazette

Commenter cet article