Les adieux d’Olivier Chateauneuf

Publié le par Michel Boissard

Les adieux d’Olivier Chateauneuf

 

Vous souvenez-vous d’Olivier Chateauneuf ? Nous sommes dans les années 1930. C’est le fils de Virginie, la mercière de la rue Labat. A Montmartre. Le père d’Olivier est mort des suites de la guerre. La Grande. Le garçonnet – copain du petit juif David, protégé de la jolie Mado, ami de l’anarchiste Bougras – bientôt orphelin de mère sera hébergé chez sa riche tante Victoria. Puis recueilli par ses grands-parents en Haute-Loire. Des « Allumettes suédoises » aux « Noisettes sauvages » via « Trois sucettes à la menthe », le héros autobiographique de Robert Sabatier a marqué notre littérature populaire. Nous le quittons au son des trompettes guerrières. Une cérémonie des adieux fine, sensible et subtile. Olivier est maquisard FFI. Au côté du capitaine Tarzan, de l’intrépide et belle Roinita. Partageant les périls et l’exaltation des combats au cœur du Gévaudan. Avec le maquis Tchad, le groupe Lafayette, le bataillon John. Tout en serrant au fond de la poche de sa canadienne un précieux recueil de poèmes de Baudelaire. Un mélange d’enthousiasme, de naïveté, de gravité lucide face à l’épreuve, fait de cet ultime opus des aventures d’Olivier un intense moment de grâce romanesque.

 

 

Michel Boissard

Les trompettes guerrières, R. Sabatier, Albin Michel, 2007, 20,90 euros

 

Publié dans articles La Gazette

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