Quand Daudet revisite Perrault

Publié le par Michel Boissard

Quand Daudet revisite Perrault

 

 

Voici l’automne du Grand siècle. On s’ennuie ferme chez Louis XIV. Le roi est vieux. Usé. Morose. Podagre. Tombé sous la coupe puritaine de La Maintenon. A défaut de fêtes, il reste l’art de la conversation. Et sa quintessence, le conte populaire. Dont Perrault est l’orfèvre. Peau d’Ane, Cendrillon, Riquet à la Houppe, Le Petit Poucet … Des histoires fantastiques qui bercent l’enfance. Entrelacées à d’érudites références. Dominées par l’esprit du siècle : le XVIIè. Mais le coup de génie de cette littérature, c’est de franchir le mur du temps. Et l’originalité du volume publié chez « Omnibus », de témoigner pour cette postérité d’inspiration. Perrault dans le texte. Et Perrault revisité par Henri de Régnier, Anatole France, Apollinaire, Marcel Schowb … Ou Alphonse Daudet. Au meilleur de sa verve. Avec un « Petit chaperon rouge » qui n’a peur de rien. Surtout pas du loup. Et qui, se baladant en forêt, incite un gamin à l’école buissonnière, un poète sans inspiration à folâtrer, des amoureux à s’aimer, et un fou à le demeurer. Daudet qui fait parler les « Huit Pendues de Barbe-Bleue ». Imaginant que l’ultime épouse du soudard cumule tous les péchés capitaux. Lesquels sont sept. Ce qui légitime qu’elle rejoigne ses devancières. Avec la bénédiction de Sœur Anne.

 

Michel Boissard

 

Les Contes de Perrault, Omnibus,  2007, 22 euros

 

Publié dans articles La Gazette

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