1907, au souvenir de l’avenir

Publié le par Michel Boissard

1907, au souvenir de l’avenir

 

1907 appartient à la légende dorée du Midi rouge. La figure emblématique de Marcelin Albert, « lou Cigal » d’Argeliers. La rébellion des soldats du 17e exaltés par Montéhus.  Les 150 000  manifestants de Nîmes et les 500 000 de Montpellier. La grève des maires. Lancée par celui de Narbonne, le médecin et député socialiste Ferroul. Les coups tordus du Premier flic de France, Clemenceau. Le sang qui coule. Le vin qui ruisselle. Même couleur, même éclat. Au centenaire de la levée en masse du peuple languedocien, l’« Humanité » et « Au Diable Vauvert » nous procurent un album rigoureusement informé et d’une belle iconographie. Qui remet en perspective un évènement fondateur de notre mémoire collective. En parallèle du récit historique d’Alain Raynal, les universitaires Rémi Pech et Jean Sagnes dégagent les raisons majeures d’une explosion populaire devenue mythique. Résultat d’une crise de mévente massive du vin (surproduction et fraude), s’articulant à la revendication (postérieurement satisfaite) d’une intervention régulatrice de l’Etat. La viticulture est au cœur de l’économie locale. Sa rétraction fait tache d’huile parmi toutes les couches sociales. Et induit un mouvement interclassiste d’ampleur inédite. Générant la prise de conscience de soi de toute une région. Christophe Deroubaix en brossant le portrait de viticulteurs d’aujourd’hui, Gérard Le Puil en posant l’équation vin/mondialisation, prolongent utilement cette lecture. Tant il est vrai que « nous vivons tous avec un pied dans le passé et la tête dans l’avenir «  (R. Pech).

 

Michel Boissard

 

Les vendanges de la colère, Midi viticole 1907/2007, Au Diable Vauvert – L’Humanité, 2007, 29 euros

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