Un roman dans le goût français

Publié le par Michel Boissard

Un roman dans le goût français

 

 

On ne lit plus guère Georges Duhamel (1884-1966). Il faut donc souhaiter que « Le Clan Pasquier », la série télévisée de Jean-Daniel Veraeghe (A2) incite le lecteur à redécouvrir celui qu’André Maurois qualifiait de maître spirituel. Cette chronique « d’une famille de petits bourgeois accordés sur la durée française » (A. Thibaudet) est l’un des massifs de son œuvre. Duhamel raconte l’expérience qu’il fit à l’aube du siècle dernier, en compagnie de son frère adolescent, auprès de la dynastie gardoise, protestante et notariale des Couton, de Clarensac. Et comment il en vient à distinguer la famille héréditaire, campée sur ses valeurs, de la famille nomade, atteinte du syndrome de l’ascension sociale. Qui forme un clan. Soudé par une communauté vitale et spirituelle. C’est le modèle Pasquier. Autour du père, Raymond, volage, agité, inventif, médecin. De Lucie, son épouse, la mère généreuse, aspirant à la sainteté laïque. Et de leurs cinq enfants. Joseph, le cynique et le cupide. Ferdinand, le médiocre et l’égoïste. Cécile, la musicienne – divine ! Suzanne, la  comédienne – coquette et frivole …. Et le narrateur de l’histoire, Laurent. Le scientifique pour qui « miracle n’est pas œuvre ». Autrement dit : le salut se gagne par le travail. Duperies, querelles, mensonges : voici la famille. « Cela vaut-il vraiment tant d’amour, tant de peines, tant d’espoirs ? » On respire là un parfum suranné qui ne manque pas de charme. C’est un roman dans le goût français.

 

Michel Boissard

 

 Le Clan Pasquier  G. Duhamel, Omnibus, 2007 (réédition), 24,40 euros

 

Publié dans articles La Gazette

Commenter cet article