Le tragique de l’Histoire

Publié le par Michel Boissard

Le tragique de l’Histoire

 

Originaire de St Jean de Valériscle, c’est un aventurier de l’édition. En quarante ans de métier, il a signé cinq cent préfaces. Associé son nom aux collections 10/18 et Bouquins. Réhabilité le roman populaire (Jack London) et le polar (Simenon) en tant que genres littéraires. Francis Lacassin rencontre ici Joseph  Kessel. L’aventurier du journalisme. Il nous présente l’homme sensible aux fractures de l’Histoire. A son côté tragique. A sa face d’ombre. J. Kessel chroniqueur des procès Pétain, de Nuremberg (1945),  Eichmann (1961). L’auteur du « Lion » a un sens aigu de l’évènement. Découvrez l’affrontement entre Paul Reynaud et le Général Weygand à la barre du procès du Maréchal. C’est, selon le vœu de Michelet, la résurrection intégrale du passé. La IIIe République rendue à la vie. Une leçon politique pour les générations qui viennent. Et lorsque nous suivons la comparution des chefs nazis à Nuremberg, on pense irrésistiblement au crépuscule des dieux dont Visconti a donné la terrible image dans « les Damnés ». Lisez cette page où Goering, Ribentropp, Hess et consorts sont confrontés aux images filmées des camps d’extermination qu’ils ont créés … C’est Shakespeare ! Du coup, le méticuleux et terne Eichmann apparaît, lui l’artisan zélé de la solution finale, comme l’expression de la banalité du mal (Hannah Arendt).

Michel Boissard

 

Jugements derniers. Les procès Pétain, de Nuremberg et Eichmann,  J. Kessel , Texto, 2007, 6,50 euros

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