Littérature buissonnière

Publié le par Michel Boissard

Littérature buissonnière
A quatre-vingt ans, il n ’ a rien perdu de son alacrité de style. Ni de ce sens du trait qui fait mouche. Il n ’ a pas davantage renié ses amitiés littéraires. Ni renoncé à ouvrir largement son compas de chroniqueur. Tout en étant souvent injuste. Et même méchant. Paul Vandromme, écrivain belge d ’ expression française, critique de métier, amant des livres, nous livre ses « chroniques buissonnières ». portraitiste de Chardonne, Marceau, Perret, Déon, Céline, il sait aussi croquer l ’ essentiel de Gide « de sa jeunesse nietzschéenne à sa vieillesse goëthéenne ». Cerner sa « disponibilité perpétuelle avec le scrupules jansénistes ». Peindre un « puritain hédoniste », qui fait gloire aux lettres françaises. Saluer dans le niçois Louis Nucéra un romancier fraternel, une œuvre de bonne race qui entre en résonance avec une époque brutale, la nôtre. Souligner les dons de moraliste lyrique du méditerranéen Camus. Moins grand écrivain que son fraternel adversaire Sartre. Qualifier Dominique Aury, éternellement liée au nîmois Jean Paulhan par une sulfureuse « Hisotire d ’ O », de « clandestine par vocation ». Faire redécouvrir le montpelliérain François Sentein. Un Blanc du Midi qui, à l ’ instar de Roger Nimier, « ne respecte ni les lois, ni les êtres qui nous gouvernent ». Et, de Federico Sanchez, le dirigeant communiste plus connu en littérature sous le nom de Jorge Semprun, dire : « Ah, si l ’ on pouvait être espagnol comme il est français, du côté de Baudelaire ! »
Michel Boissard

Vagabondages, Pol Vandromme, Le Rocher, 2007, 18 euros

Publié dans articles La Gazette

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