Si c’était Mozart …

Publié le par Michel Boissard

Si c’était Mozart …

 

Au jeu du portrait chinois si c’était Claudel, ce serait Beethoven. Si c’était Gide, ce serait Chopin. Colette ?  Evidemment Ravel. Et Valéry, Glück et Wagner. Pour Mauriac, entre Gascogne et Guyenne, « la fraîcheur et le feu », c’est Mozart. L’enchantement de Mozart, premier des textes méconnus sur la musique par l’auteur du « Désert de l’amour ». Que voici réédité en compagnie d’extraits du Bloc-notes consacrés à Schubert, Schumann, Gounod, Bach. Mélomane plutôt que musicien, Mauriac est surtout écrivain. « Illettré de la musique », le voici sensible « à la voix d’ange et d’enfant qui domine les cris romantiques et le fracas wagnérien ». A la pudeur d’un cœur tendre et déchiré qui n’exclut ni «  de brusques fuites, ni des feintes dont le secret s’est perdu ». Au chant majeur de « Don Giovanni » qui éclaire notre destin « d’une lumière pure et terrible ». Aux larmes sublimes d’un larghetto. Au jeu vif et fou d’un allegretto. A l’oiseau des bois dont les trilles forment une « Petite musique de nuit ». A ce Mozart-David, qui compose le « Concerto en ré », interprété par Bruno Walter. Lui-même chasé d’Autriche, sous le règne de Goliath-Hitler, alentour les années 1930. A la source d’où coule l’andante du « Concerto pour clarinette ». Reproche de la créature dont la vie s’achève à son puissant Créateur. Lorsqu’on interrogeait Rossini : - Quel est le plus grand musicien ? – Beethoven, répondait-il. – Mais, Mozart, alors ? – Mozart ? C’est le seul.

 

Michel Boissard

 

Mozart et autres écrits sur la musique, F. Mauriac, Michalon, 2007, 12 euros

Publié dans articles La Gazette

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