A L’OMBRE DU NÎMOIS GASTON BOISSIER

Publié le par Biblinimes

 

                                                   

 

Ceux qui se souviennent de « Cicéron et ses amis » (1884) ou qui découvriront le « Tacite » (1903) du trop oublié latiniste nîmois Gaston Boissier (1823-1908) -  et on le souhaite : bien d’autres ! - goûteront le « Manuel de la sagesse antique » que nous procure l’universitaire Annie Collognat. Citant la définition de l’Esprit des Lumières selon Kant, voici qu’elle nous invite à redécouvrir au travers de  quelque cinquante penseurs grecs et une vingtaine de prosateurs latins les moyens de sortir de notre état de minorité et « de gagner notre majorité »… Guidés par le poète Ovide : « C’est l’adversité qui rend souvent l’homme ingénieux. » Conseillés par l’avocat Cicéron : « Avant de commencer, il faut réfléchir, et, après réflexion, agir sans retard. » Ecoutant le mime Publilius Syrus : « Mieux vaut apprendre tard que n’apprendre jamais. » Attentifs à l’empereur Marc-Aurèle : « Pénètre dans la conscience de chacun et laisse autrui pénétrer dans la tienne. » Remplis de la sagacité de Zénon d’Elée, qu’aima le sétois Paul Valéry : « Mieux vaut chercher à faire couler une outre gonflée d’air que de forcer un homme de caractère à agir contre sa volonté. » Surtout si ce dernier veut affirmer son inaliénable condition, à l’instar du dramaturge Térence : « Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »  Et faire son axe de vie de la sentence du paysan Hésiode : « Ecoute la justice et renonce pour toujours à la violence. » Adoptant finalement la devise d’Horace : « Sapere aude, incipe. / Ose être sage, mets-toi en route. »

 

                                                                                                                 Michel Boissard

 

Manuel de la sagesse antique, A. Collognat, Omnibus, 2010, 26 euros

 

 

 

 

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