AU PAYS DE JEAN-DE-TROP

Publié le par Biblinimes

 

 

 

Connaissez-vous Louis Lambert ? Né à Montpellier sous la Monarchie de Juillet (1835), il meurt à Sète au début du siècle dernier (1908). Ayant consacré beaucoup de forces et de talent à rechercher, réunir et publier, sous l'égide de la Société pour l'étude des langues romanes, chants et contes populaires d'ici. Ecrits sous la dictée d'érudits ou de natifs de villages et de villes de l'ancienne province du Languedoc, ces récits révèlent une prodigieuse culture orale communautaire, entrelaçant narration et fiction. La sagesse y affleure. Sixième enfant d'une famille misérable, Jean-de-trop, ainsi mal nommé par ses parents, se fait médecin réputé et « Filleul de la Mort » (conte de Narbonne). La facétie y est linguistique. Un paysan, demeurant à Bon-appétit, tombe malade. Son fils appelle le médecin. Lequel prescrit au patient de tenir la diète. Or, la diète est également le nom de la vache du bonhomme (conte de Bélesta)... La bigoterie, y est moquée. Non loin de Pamiers, on fête Saint Gourgouilla. Sous le plumeau ardent des dévotes, la statue du bienheureux tombe en quenouille. Qu'à cela ne tienne. Un villageois, Raymond de la Pointe, lui ressemble comme deux gouttes d'eau. On l'érige sur le piédestal. S'avise-t-il, malencontreusement, de bouger ou de parler, que miracle devient cauchemar ! Une autre histoire, ensemble cévenole, provençale et ariégeoise, enchaîne les aventures d'un homme qui possédait pour tout bien une lentille. Confiée à un voisin qui la perd, elle lui fait gagner une poule. A son tour perdue, la volaille lui permet d'acquérir un cochon. Puis, le porc, une vache. Et la vache, son nez en moins et... une leçon de morale. Un dernier conte - lozérien, « Le nid de merles », nous enseigne qu'il ne faut pas tout dire au curé. Surtout en confession...

 

Michel Boissard

 

Contes Populaires du Languedoc, L.Lambert, Editions Aubéron,2012, 13,90 euros

 

Publié dans articles La Gazette

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