AUPRES DE L’ARBRE CHENU

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De Frédéric Jacques Temple (Montpellier, 1921), paraphrasant Shakespeare, on pourrait dire que l’âge ne saurait faner, ni l’accoutumance défraîchir la variété toujours renaissante de son écriture poétique. En témoigne ce nouveau recueil, où l’on reconnaît la sonorité de la langue de « cet arbre chenu / lourd du lichen des ans / que je suis devenu ». Chroniqueur du Deep South, du Sud profond,  qu’aimait Jean Carrière. « Nous vivons / dans le chant solaire/ de ces lumineux parages / lourds de fragrance / et de sel » C’est là que : « Une couleuvre de chaleur / ondule / souveraine / dans les rudes kermès / parmi les reliques / des campements oubliés ». S’élève à présent le chant des villes. Tant s’entrelace aux paysages nus l’œuvre monumentale des hommes. Aigues-Mortes : « Enceinte militaire / au cœur des salicornes ». Et la grecque Delphes : « Sur le Parnasse / planaient des aigles / millénaires » Ou la russe Saint-Pétersbourg : « Un pont-levis s’ouvre / en deux / comme une porte / devant la cathédrale Smolny / bleue rose et verte / dans le soleil couchant : d’une carte postale / vivante » On ne sait si, comme Sartre, FJ. Temple a envisagé Venise de sa fenêtre. Ou à la manière du poète Marc Alyn, s’ il s’est fait « Le Piéton de Venise ». Reste ce reflet du « Campo dei mori » : « Le serviteur enrubanné / médite sur une colonne / emmurée / sous les meneaux/ du Tintoret ». Enfin, quelques gouttes de mémoire réveillent la flute de l’utopie : « Un jour nous partirions / en quête d’un territoire / où n’entendre que la rumeur / du monde en transparence / sourdine des âges pétrifiés ».

 

                                                                                                                                                   Michel Boissard

 

Profonds Pays, FJ. Temple, Obsidiane, 2011, 14 euros

Publié dans articles La Gazette

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