DANS L’AMITIE DE LA PEINTURE

Publié le par Biblinimes

 

                                                     

 

Dés son entrée en littérature, le varois Pierre Moustiers (1924) écrit dans l’amitié de la peinture. En 1957,  Madeleine Attal et ses comédiens interprètent « Les épreuves de Rembrandt van Rijn », pièce en cinq actes, sur les antennes de Radio Montpellier. Moustiers revient au maître hollandais avec une dramatique télévisée « La ronde de nuit » (1978), et en 1999, par la grâce de « Saskia », nous donne un remarquable portrait de femme entrelaçant l’amour, l’art et la vie. Un demi-siècle plus tard, le même thème irrigue « Héritier d’un seigneur »,  un roman de la filiation,  dont le peintre baroque espagnol Vélasquez (1599-1660) est comme le cœur battant. Successeur attentif de son père Antonio qui vécut dans le commerce de l’art, François Camerini  apprend à la mort de son géniteur que celui-ci était en réalité le fils naturel de Diego Rodriguez de Silva y Vélasquez, que le poète Léon-Paul Fargue décrit tel « une âme bien  trempée, violente et méticuleuse dans les formes ». Par petites touches impressionnistes,  Pierre Moustiers restitue l’Absent de ce récit - « un seigneur, un dieu pour tous les créateurs à venir » - qui surplombe ce qui s’avère être en définitive un superbe hommage à l’artiste des inoubliables « Ménines » (1656). Inspirant la palette et le génie de Picasso, Dali et Francis Bacon… Sur les traces de ce prodigieux grand-père, François,  jeune homme d’un XVIIIe siècle pré-révolutionnaire,  qui lit « La Henriade » de Voltaire, entouré de la connivence de sa mère Marguerite et  de la complicité d’un amical cicerone Miguel,  parcourt, depuis sa Provence native, l’Italie et l’Espagne, au galop de la vie… En une quête toute stendhalienne du bonheur et selon un itinéraire que n’eût point désavoué un siècle après le  Hussard de Giono.

 

                                                                                                                                     Michel Boissard

 

Héritier d’un seigneur, P. Moustiers, Albin Michel, 2010, 18,50 euros

 

 

Publié dans articles La Gazette

Commenter cet article