DE FLORIAN DE SAUVE A GIDE D’UZES

Publié le par Biblinimes

 

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Isabelle Ebert-Cau qui  présente cette anthologie a raison : « Le jardin est un endroit calme, doux, -complice, qui stimule l’intellect et exacerbe l’émotion. » Le fabuliste Florian (1755-1794), natif de Sauve, l’illustre avec « Les deux jardiniers ». Le premier « passait sa vie / A lire l’almanach, à regarder le temps / Et la girouette et les vents ». Tandis que le second « dès le grand matin / Travaillait en chantant / Bêchait, arrosait tout du pêcher à l’oseille… » Tous deux éprouvaient le plaisir sensuel dont parle l’uzétien-normand André Gide (1869-1951) : « Mais des fruits (…) il y en a que nous mangerons sur des terrasses (…) Il y en a que l’on cueille sur les arbres (…) Les fruits tombés, on les rccueillera dans des jattes/ Et leur parfum déjà suffirait à nous charmer. » Qui dit jardin dit soleil, comme l’évoque le marseillais Edmond Rostand (1868-1918) : « Je t’adore, soleil ! Tu mets dans l’air des roses / Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson ! / Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses ! » Est-ce un pommier ? Le toulousain Pierre Gamarra (1919-2009) célèbre : « Une pomme rubiconde /…le plus beau/ de tous les fruits du monde ». Au jardin, les amours sont naissantes prétend Rosemonde Gérard (1871-1953) - la poétesse épouse du dramaturge Edmond Rostand : « L’autre matin, sous la feuillée,/ De soleil rose ensoleillée, / Je rêvais à toi, - tu passas ! / Et je vis à ta boutonnière, / Penchant ses graines de lumière, / Une branche de mimosas. »  On y cultive la nostalgie comme Apollinaire, qui aima Lou à Nîmes-la-Romaine : « J’ai cueilli ce brin de bruyère / L’automne est morte souviens-t’en /Odeur du temps, Brin de bruyère / Et souviens-toi que je t’attends »…

 

                                                                                                                                Michel Boissard

 

Le jardin en cent poèmes, Omnibus, 2011, 29 euros

 

Publié dans articles La Gazette

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