EN REGARDANT LES NYMPHEAS DE MONET…

Publié le par Biblinimes

 

Quand il veut « savoir quel temps il fait au paradis », le romancier Tahar ben Jelloun va voir les Nymphéasde Claude Monet (1840-1926). Que le peintre a saisis dans l’éclat variable de la lumière selon les heures du jour en son jardin de Giverny. Franchissant les portes du musée de l’Orangerie, aux Tuileries, l’auteur pénètre dans « une société enchantée de rêves peints sur toile » (Baudelaire). Enfant de Fès, le petit Tahar n’a connu que l’architecture des « rues étroites et des murs fatigués » de la Médina. Adolescent, il a vibré au solo pianistique virtuose de Thelonious Monk. Plus tard, Glenn Gould lui a appris le clavier bien tempéré de J.S. Bach. C’est à onze ans qu’il découvre - à Tanger, où il réside - le 7èmeArt. Et grâce à Alain Resnais qu’il se familiarise, en noir et blanc, avec les couleurs ardentes de Van Gogh. Pour le romancier de « L’Enfant de sable » (1985), on comprend l’œuvre peint de Paul Klee (1879-1940) « en regardant les tapis marocains » : « …des signes et des lignes sur un fond de couleur éteint ». Quand il écrit, il lui arrive « d’avoir présentes à l’esprit certaines des sculptures » d’Alberto Giacometti. Droites et filiformes comme ses propres phrases qu’il a dépouillées de leur « gras ». « Faisant le propre » dirait Jean Genet qu’admirait l’écrivain de « La Nuit sacrée » (Goncourt 1987). Tahar ben Jelloun termine ce « pas de côté » à lui offert par Michèle Gazier et Marie-Claire Char - à l’enseigne de leur maison d’édition provençale des Busclats - par une visite au peintre chilien Claudio Bravo (1936-2011). A qui la lumière du Maroc a apporté « la certitude que la couleur est une invention de la Méditerranée au calme apparent et aux conflits multiples ».

 

Michel Boissard

 

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Publié dans articles La Gazette

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