ENTRE TARTARIN ET RABOLIOT

Publié le par Biblinimes

 

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 Moins universel que « Tartarin de Tarascon » (1872), rebelle comme le sera « Raboliot » (Prix Goncourt 1925), tel est « Maurin des Maures » (1908). Son démiurge, Jean Aicard (1848-1921), est un méridional de Toulon. Comme Alphonse  Daudet  l’était de Nîmes. Nîmes, qu’il fréquenta sur les bancs du lycée de garçons… Et sa créature est un héros littéraire « classique » au même titre que l’est devenue celle de Maurice Genevoix. Trois personnages qui ont le goût de la liberté. Tartarin  c’est Don Quichotte. Raboliot, l’insoumis. Maurin,  est « prince des braconniers, duc des maires, empereur des gendarmes, roi des Maures ». Hâbleur autant que frondeur. Charmeur autant que jouisseur. « Bouchonnier » - ce qui est logique au pays viticole de Collobrières et de Cogolin - avant que d’être braconnier, c’est-à-dire habile chasseur… Amant aux fidélités successives. Fils attendri devant sa vieille mère mais père hâtif et lointain.  Et galégeaïre, également. Anarchiste ? « Ils le sont tous dans le Var ! » prétend un général hautement conservateur.  Mais exception faite du gendarme Alessandri, son rival amoureux, il respecte l’officialité. En fait,  « c’est un révolutionnaire de gouvernement ». Maurin des Maures éprouve la « déférence du peuple pour toutes les aristocraties qui ont la vraie élévation, celle du cœur ».  Ce « Don Juan des Maures » est finalement une grande âme populaire. Notre surprenant contemporain : « Si votre candidat est de bonne couleur, et la couleur de teinte solide, je marche, non pour lui, mais pour mon peuple (…)  J’ai ai assez, moi Maurin, des électeurs qui se vendent dans l’idée d’obtenir du candidat des places (…) On marchera si ça sent la Justice ! » 

 

                                                                                                           Michel Boissard

 

Maurin des Maures, J. Aicard, De Borée, 2011,  6,90 euros                                 

 

Publié dans articles La Gazette

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