GUERRE A LA GUERRE !

Publié le par Biblinimes

 

 

 

 

A deux encablures du centenaire de 14/18, on republie «  Le Feu » d’Henri Barbusse (1873-1935). Prix Goncourt 1916. Un des plus puissants romans suscités par la Grande Guerre. Dû au descendant d’une dynastie de camisards qui fît souche du côté d’Anduze - le Mas Barbusse à Tornac… « Le beau, l’admirable livre ! » s’écrie le dramaturge nîmois Henry Bataille. Rejoint par l’uzétien-normand André Gide et le marseillais Edmond Rostand. Mais aussi par la subtile Colette. Et par deux prix Nobel de littérature : Anatole France et Romain Rolland. Par Aragon qui, à l’époque, s’appelle Louis Andrieux. Et par Céline qui n’est encore que le docteur Louis Destouches. Tous éprouvent à l’évocation du quotidien des tranchées, transcrit dans une langue hyperréaliste par Barbusse - engagé volontaire à 40 ans, socialiste dressé contre l’impérialisme allemand - que ce livre « pour qui a connu la boue, sent la terre humide ; pour qui a connu la pestilence de l’excrément, il sent la merde ; pour qui a vu tomber un camarade, ce livre sent la mort. » La vie, c’est quoi pour Volpatte, Tirette, Marthereau ou Biquet, Tulvacque et Blaire ? Malgré les bombes, les gaz, les blessures, la faim, la misère, la solitude individuelle au sein du groupe et le suaire permanent de la Peur - c’est de rester humain. Livre de témoin qui prend le risque de se faire égorger – c’est un journal de marche et de souffrances. Car, note le préfacier de cette réédition, l’écrivain n’est pas « un froid zoologue (…) le narrateur vit, existe, dort et rêve. » (Olivier Cosson) C’est un « Poilu » comme les autres. Qui déclare la guerre - avec le poète Wilfred Owen (1893-1918) - à ce « cancer obscène, âpre comme la bile sur les plaies » : la Guerre.

Michel Boissard

Le Feu, Journal d’une escouade. H. Barbusse, Payot, 2012, 8,65 euros

 

 

Publié dans articles La Gazette

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