JOSEPH ROUMANILLE, ROI DES CASCARELETO

Publié le par Biblinimes

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On ne sait pas assez que le célèbre conte d’Alphonse Daudet, « Le Curé de Cucugnan », n’est autre que la traduction (admirable) d’un récit éponyme en lengo nostro de Joseph Roumanille (1818-1891). Belle occasion de rendre justice à ce dernier que de (re) découvrir ses « cascareleto » - facéties et galéjades - parues initialement dans l’Armana prouvençau. Aujourd’hui rééditées par Yves Honorat chez Anthema. Roumanille, un nom familier. Un rôle et une œuvre assez méconnus. Natif de Saint-Rémy-de-Provence, il sera clerc de notaire à Tarascon, surveillant et professeur à Nyons, dans la Drôme. Puis en Avignon où l’un de ses élèves se nomme Frédéric Mistral. Ici commence l’histoire - et la légende du Félibrige. Dont il est l’un des fondateurs. Au château de Font-Ségugne, sous l’égide Sainte-Estelle, en 1854… Prolongée en devenant éditeur et libraire, rue Saint-Agricol, à trois pas du Palais des Papes ! Li Conte prouvençau regroupés en sept veillées (sept comme les premiers félibres et le chiffre biblique), ont un ton délicatement ironique et délicieusement suranné. Voici, parmi cent autres, l’histoire du modeste Baltahazar, frère récollet, qui entrera (clandestinement) au Paradis, décidément bien encombré, dans les bagages d’un Prince de l’Eglise… Et celle de ce curé malin qui fait miroiter vingt louis d’or à celui de ses paroissiens qui proclamera qu’il est pleinement heureux et ne désire rien sur cette terre… Sans oublier comment et pourquoi, à Jonquières, « depuis l’an dix-sept cent et tant », on va deux par deux quand on danse, selon le règlement édicté par Monsieur de Lengaste, noble consul royal… 

 

Michel Boissard

 

Contes Provençaux, J.Roumanille, Anthema, 2011, 23 euros

 

 

 

 

Publié dans articles La Gazette

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