LA JOIE DE LIRE

Publié le par Biblinimes

 

 

 

Au cours de sa « Balade dans le Gard sur les pas des écrivains » (Ed.Alexandrines, 2008), l’ami Bernard Bastide rencontre François Nourissier (1927-2011), à un jet de pierre d’Uzès, du côté d’Arpaillargues… Où l’écrivain jette l’ancre entre 1966 et 1973. Et y conçoit quelques unes de ses coruscantes chroniques des « Nouvelles littéraires », aujourd’hui réunies sous le titre « Le cycliste du lundi ». Parmi ces quelques cinq cents « critiques d’humeur », on revisite - avec un certain tropisme du Sud - les auteurs catalans, provençaux, aquitains et languedociens élus et lus « pour (le) plaisir et (le) bon plaisir » de l’auteur. L’avignonnais Yves Berger « fou de mots et d’Amérique » qui « écrit avec son ventre et ses rêves, sans prudence ni pudeur ». Voisinant avec Jean-Pierre Chabrol et un superbe éloge des « Fous de Dieu ». « Un livre inspiré, dur, âpre, traversé de folies étranges et belles (qui) nous dépayse  de la plus noble façon : par le haut. » S’égaillant du côté des « Souvenirs littéraires » de Léon Daudet - le fils d’Alphonse… En relevant « l’art superbe du portrait, la gaîté, la prodigieuse santé, la drôlerie rabelaisienne ». Pour savourer ensuite - « par le seul pouvoir du style, le plaisir parfait » de l’univers du manosquin Jean Giono. Fait de « morceaux d’étrangeté, de sauvagerie, d’émerveillement, de rêves éveillés ». Il s’agit, ici, de l’inoubliable « Ennemonde » (Gallimard, 1968). Justesse des mots, équilibre des phrases, musique de la syntaxe : Nourissier parle aussi du « violoncelle de Mauriac » l’aquitain. Et de « La Bataille de Pharsale » (Minuit, 1969) du catalan de Salses, Claude Simon, il n’hésite pas écrire que « c’est beau comme une moisson mûre que fait ondoyer le vent, comme un luxueux tissu de moire ou un damas »…

 

Michel Boissard

 

Le Cycliste du lundi, F.Nourissier, La Grande Ourse, 2012, 27 euros

Publié dans articles La Gazette

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