LE MARECHAL, LE TAUREAU ET L’HIRCOCERF

Publié le par Biblinimes

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 Le 19 février 1942,  le Palais de Justice de Riom (Puy-de-Dome) devient le théâtre du Régime de Vichy (Allier).  Pétain y traduit, devant un tribunal d’exception,  les déjà condamnés Front Populaire et  IIIe République. Personnifiés notamment par le radical-socialiste carpentrassien Edouard Daladier. Surnommé le « taureau du Vaucluse ». Et par le socialiste Léon Blum. Traité d’ « hircorcerf de la dialectique heimatlos » - de monstre apatride - sous la plume antisémite de Charles Maurras.  Paul Valéry avait raison : « La politique ne vit pas de choses justes ». Du coup, pour masquer leur rôle dans la capitulation, les Kollaborateurs au pouvoir dans la France occupée, instruisent le procès de la défaite de 1940. Que Daladier, Ministre de la Défense nationale en 1936, va retourner habilement en procès des accusateurs ! Tout comme Léon Blum, qui fut l’ami du nîmois Bernard Lazare « le premier des dreyfusards », le chef de gouvernement du Front Populaire - l’homme des 40 heures et des congés payés… Présentés par l’éditrice Julia Bracher  en une synthèse très informée, voici le réquisitoire, les minutes des audiences d’une tragi-comédie judiciaire avortée tournant à la confusion de ses initiateurs.  S’y ajoutent le « Journal de captivité » de Daladier et surtout les « Mémoires » de Léon Blum. Qui lança à la face de ses juges une défense tranchante : « Vous ne pourrez pas nous chasser de l’histoire de ce pays (…) Parce que nous avons été un gouvernement populaire, nous sommes dans la tradition de ce pays depuis la Révolution française »

 

                                                                                                                        Michel Boissard

Riom 1942, Le Procès, Omnibus, 2012, 29 euros

 

Publié dans articles La Gazette

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