« LE PETIT MOZART DES CHAMPS-ELYSEES »

Publié le par Biblinimes

 

 http://ecx.images-amazon.com/images/I/51MFvXoEktL._SS500_.jpgL’illustre Rossini le nomme « Petit Mozart des Champs-Elysées ». L’historien Alain Decaux : « Roi du Second-Empire ». Nonobstant la réputation de facilité s’attachant au compositeur qui mettait en joie  le poète André Breton ! A celui qui fut, sinon l’inventeur, du moins le génie de l’opérette ! Et vous reviennent aux lèvres des airs fameux : « C’est le roi barbu qui s’avance, bu… »  Ou bien : « Si vous croyez que je vais dire / Qui j’ose aimer… » Ou encore : « Dis-moi, Vénus, pourquoi fais-tu / Cascader  ainsi la vertu ? » Et aussi : « Je veux m’en fourrer jusque-là… »  Juif allemand de Cologne,  naturalisé français, Jacob Eberst alias Jacques Offenbach (1819-1880) c’est « un monde, une planète » dit son plus récent « romancier » Nicolas d’Estienne d’Orves. Six-cent cinquante œuvres : valses, mélodies, concertos, ballets et musique sacrée… Mais surtout le triomphe de l’opera buffa.  De La Belle Hélène à La Vie Parisienne, de La Chanson de Fortunio à La Périchole, sans oublier l’initial succès d’Orphée aux Enfers…Synonymes de la « fête impériale » sous Napoléon-le-Petit. Quand Badinguet 1er divertissait les Tuileries. Et réjouissait banquiers comme maîtres de forges. A (ré)écouter en CD ou à (re) voir sur scène, pour le plaisir de la virtuosité purement musicale. Doublée du brio des jeux de mots. Triplée de scénarios loufoques, pères du nonsense contemporain. Brochant sur le tout, du grand art « plongeant dans l’analyse sociale, la charge politique, la parodie, la gaudriole et la nostalgie ». Un régal !

 

                                                                                                                                Michel Boissard

 

Jacques Offenbach, N. d’Estienne d’Orves, Actes Sud/Classica, 2010, 16 euros

 

                                                   

Publié dans articles La Gazette

Commenter cet article