« LE TEMPS VA ET VIENT ET VIRE » *

Publié le par Biblinimes

 

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 L’essayiste Sophie Nauleau présentant ce recueil, éclos au « Printemps des Poètes », souligne : « …Même les plus immobiles  des aèdes ont l’épopée au cœur, la mémoire vagabonde, le souffle aventureux. » Tel l’audois Charles Cros (1842-1888) : « Je rêve de passer ma vie en quelque coin / En Orient, ou bien prés du pôle, très loin, / Loin des journaux, de la cohue et des boutiques. » André Suarès (1868-1948), qu’aima le nîmois Christian Liger, invoque le « Midi éblouissant (…) Que cette terre dure, que craquèle la canicule, est bonne au talon d’un conquérant. » Le sétois Paul Valéry (1871-1945) s’imagine en rameur contre le courant du fleuve : « Je veux à larges coups rompre l’illustre monde / De feuilles et de feu que je chante tout bas. » Catherine Pozzi (1882-1934), qui fut la passion du poète du « Cimetière marin », rêve de terres nouvelles : « Le grand pays du bonheur sans mémoire/ Se forme enfin sur la route où tu fuis. » Pierre Reverdy (1889-1960), le narbonnais,  sait qu’il n’est point de partance sans retour : « Quand il revenait enfin là d’où il était parti, il ne pensait qu’au petit coin de terre où il aurait la place juste pour mourir. » Contraint à l’immobilité sur les rivages de Carcassonne, Joë Bousquet (1897-1950) conclut : « Puisse en l’attente qu’il endure / Mon cœur las de vivre à demi / Mourir d’entendre le murmure / Qui tient ce qu’il aime endormi. »

 

*Bernart de Ventadour, poète du XIIe siècle occitan

 

                                                                                                              Michel Boissard

 

Poètes en partance, Poésie/Gallimard, 2011, 6,70 euros

Publié dans articles La Gazette

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