MON PAYS S’APPELLE LITTERATURE

Publié le par Biblinimes

 

                                                

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Bord des années 1950. Chevauchant son intrépide moto « Pégazou », le romancier et œnologue Raymond Dumay (1916-1999) parcourt la France de la littérature et des vins.  Cet ancien berger, ex-instituteur, ci-devant journaliste à « La Gazette des Lettres » (1945-1952) s’engage sur les routes du Languedoc. Voici des chroniques de grand corps au bouquet savoureux. «  D’une goutte d’encre posée sur sa lèvre, les écrivains ont éveillé la beauté dormante du Languedoc. » Carcassonne à l’aube est la patrie du poète Joë Bousquet (1897-1950). La terre cathare a naturellement enfanté la prosodie cubiste du narbonnais Pierre Reverdy (1889-1960). Ainsi que les bergeries de Fabre d’Eglantine (1750-1794) et les poèmes capiteux que Charles Cros (1842-1888) enferma dans  « Le Coffret de Santal ».  En passant par Bédarieux, saluons Ferdinand Fabre (1827-1898) qui nous procure «  la plus complète description de la vie cléricale en France ». Il faut (re) lire « L’Abbé Tigrane »… Un écart par Sète vaut révérence à Paul Valéry (1871-1945). L’Île singulière en est  « éclairée pour l‘éternité » selon  l’auvergnat voyageur Valery Larbaud qui aima Montpellier… Où il faut imaginer l’improbable rencontre entre le médicastre Rabelais (1494-1553) et Auguste Comte (1798-1857), le père de la sociologie… Bénie par « l’ermite illuminé » Joseph Delteil (1894-1978), l’auteur de « Jésus II ». « Je reviendrai à Nîmes », conclut Raymond Dumay, « c’est une ville romanesque ». Capitale du Gard littéraire : celui du fabuliste Florian, du moraliste « engagé » Rivarol, du poète grand-combien Léo Larguier, des Gide d’Uzès, d’Apollinaire amoureux, et de Maurice Barrès devenu chantre d’Aigues-Mortes…

 

  Michel Boissard

 

Ma route de Languedoc, 1951, R. Dumay, La Table Ronde, 2010, 15 euros

 

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