PAUL VALERY, L’EXCITATEUR D’INTELLIGENCE

Publié le par Biblinimes

Valery 

Nous sommes en 1890. Natif de Sète, il débute ses études de Droit à Montpellier. Se lie avec André Gide qu’il y rencontre. Naît une amitié qui sera indéfectible. On les imagine, tous les deux, assis « sur une tombe ancienne », au Jardin des Plantes. A causer interminablement en mâchonnant des pétales de roses… Ces « Souvenirs » de fin d’un siècle, signés de Paul Valéry (1871-1945), s’ajoutent à une éblouissante collection de « Réflexions » de l’écrivain qui faisait dire à son double littéraire : « La bêtise n’est pas mon fort. » (Monsieur Teste , 1926) Entre un portrait de Joseph Conrad dont il partage l’amour de la mer et une curieuse rencontre avec l’historien monarchiste Jacques Bainville, voici l’inventeur de la « Bourse des valeurs littéraires »… Dont la création aurait peut être évité l’inflation éditoriale des rentrées romanesques… L’intellectuel chimiquement pur déclarant avoir passé beaucoup de temps « Robinson de son esprit, dans une sorte d’île » à qui il suffit d’écrire quelques heures à l’aube pour se donner le privilège de demeurer bête le reste du jour…  Penseur du monde contemporain  stigmatisant l’écartèlement de l’Europe entre la modernité qu’ elle a fondée et la tradition qu’elle charrie. Pince-sans-rire qui fonderait volontiers un « Bureau de l’état-civil de la langue française » ! Chargé d’homologuer, avant disparition, néologismes et barbarismes de l’écriture SMS de son temps… En un mot : un excitateur d’intelligence.

 

                                                                                                                                               Michel Boissard

 

Souvenirs et réflexions, P. Valéry, Bartillat, 2010, 20 euros

Publié dans articles La Gazette

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