QUAND LAWRENCE DURRELL EUT LES CENT ANS

Publié le par Biblinimes

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On doit au poète Frédéric-Jacques Temple la métamorphose de l’écrivain anglais Lawrence Durrell (1912-1990) en passant considérable des lettres gardoises De famille irlandaise,  né au pied de l’Himalaya - dans les Indes britanniques,  il fait ses études à Canterbury (Grande-Bretagne). Devient pianiste de bar à Londres. Puis, attaché diplomatique, promène ses guêtres vingt ans durant entre la Grèce, l’Egypte et la Yougoslavie. Avant que -  l’auteur de « L’Enclos » (1996) jouant l’intercesseur - de « tomber en arrêt devant Sommières, ancienne cité, assise sur les bords d’un  maigre fleuve, le Vidourle, soumis à de soudains caprices » (F.J Temple, 1973). Et d’y jeter définitivement l’ancre. Après avoir villégiaturé au mazet Michel, du côté du chemin d’Engance, à Nîmes… Où il fait commerce d’amitié avec le romancier américain Henry Miller (1891-1980). Comme avec l’injustement oublié écrivain nîmois Marc Peyre (1904-1981)… Au globe-trotter de la littérature des années 1920, Paul Morand (1888-1976), lui aussi diplomate, on doit, par la grâce du récit de voyage : « Rien que la terre » (1926), la juste définition de ce beau recueil de textes de Lawrence Durrell. Entrelacé de vignettes colorées - les tableaux d’Oscar Epfs,  pseudonyme pictural de Durrell  - voici en six  stations  le parcours de celui qui, à l’instar d’André Gide, se proclamait « déraciné ». L’Inde ou les « terres ennemies » d’un empire finissant à  l’empreinte ineffaçable. La lumière d’Alexandrie l’égyptienne qui baigne le « Quatuor » romanesque éponyme  (1957-1960). La « terre vaine » jalonnant la Carrière diplomatique au cœur de l’Europe centrale. De perdition ou d’élection : la terre de Chypre en proie à la guerre ethnique (Citrons acides, 1957) et le Midi qui rejoint la Provence du « Quintette d’Avignon » (1974-1985) au Languedoc de « L’Ombre infinie de César » (1994). Sans oublier, tout intérieure, la « terre sacrée » : la littérature.

 

                                                                                                             Michel Boissard

 

Dans l’ombre du soleil grec, L.Durrell, Louis Vuitton- La Quinzaine littéraire, 2012, 28 euros

 

Publié dans articles La Gazette

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