UN DOUX GRAND POETE

Publié le par Biblinimes

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« Vous êtes un doux grand poète… » Le narbonnais Charles Trenet, parti il y dix ans, baptisait ainsi le sétois Georges Brassens. Qui prît congé voici juste trente ans. Il est vrai que longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons « courent encore dans les rues… » Voici donc - raconté par Clémentine Deroudille – l’itinéraire d’un « libertaire de la chanson ». Fils d’un maçon languedocien, issu de Castelnaudary, et d’une mère d’origine transalpine. La littérature - sous la forme de la poésie, la musique - sous celle des rythmes de la batterie et du banjo, la liberté  - par la grâce des balades dans la lumière du Sud, forment la jeunesse de Brassens. Couronnée par quelques bêtises qui tressent une « Mauvaise réputation ». Avant que le Service du travail obligatoire (S.T.O) ne lui permette, alentour l’an 1943, de découvrir l’amitié des « Copains d’abord ».  De retour à Paris, « Entre la rue Didot et la rue de Vanves », chez « Jeanne », dont la « cane est morte au gui l’an neuf », il mesure ce que la solidarité ajoute à l’humanité. Marcel Planche, le mari de Jeanne, c’est « L’Auvergnat » à qui appartient cette chanson pour jamais… Comme la guitare et la voix bourrue de celui qui fut lancé, vers les années 1950, par Patachou, accompagnent les vers de Villon, de Jean Richepin, de Paul Fort, de Théodore de Banville, d’ Hugo ou d’Aragon ! Pour toujours. Fantaisie, ironie, satire,  dérision, colère, tendresse,  : du « Parapluie » au « Gorille », du « Pornographe » aux « Trompettes de la renommée », en passant par « Les funérailles d’antan » et « Le temps ne fait rien à l’affaire », Brassens avait « quelque chose à dire, à rire, à chanter et même quelquefois à pleurer. » C’est signé Jacques Prévert !

 

                                                                                               Michel Boissard

 

Brassens, le libertaire de la chanson, C. Deroudille, Découvertes-Gallimard, 2011, 13,20 euros

Publié dans articles La Gazette

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