UN VRAI GOÛT DE VIE

Publié le par Biblinimes

 

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782812901751.jpgQuinze ans après sa parution chez Pierre Seghers, on se réjouira de la réédition de « Les Gens du Mont Pilat » de Michel Jeury (1934). Sous le titre nouveau « Le Crêt de Fonbelle », ce natif du Périgord, ayant fait du pays d’Anduze à Saint-Jean-du-Gard son territoire d’élection, confirme qu’il excelle dans la littérature de terroir. Tout autant que dans la science-fiction à quoi, avec « May le monde » (R.Laffont, 2010), il vient d’ajouter une superbe pierre noire. La dilection de Michel Jeury pour « l’observatoire intérieur d’où chacun de nous regarde le monde et la vie » le conduit, comme Marcel Pagnol, avec la même alacrité de style mais dans un registre moins tendrement ensoleillé, à la recherche de ses racines. Où l’auteur de « La Gloire de mon Père » parle en première personne, Michel Jeury se fait l’intercesseur  de Claudia Peillon, sa mère, et de son père, Joseph (comme le père de Marcel Pagnol) Jeury. Tous deux issus de Pélussin (Loire). Aux contreforts du Mont Pilat. Pays de « la fougère, des cascades et des ravins… » Jeury  raconte par procuration une enfance rêvée. Le « Je » de ce livre est la voix même des parents de l’écrivain. Une sorte de mélodie populaire, réaliste et chaleureuse, où bêtes, gens, objets ont, en quelque sorte, une âme. Il y a dans la description de la vie rurale - de la succession des saisons à la nourriture, de la convivialité villageoise fracturée par l’irruption de l’usine dans le paysage familial à la rupture de 14/18 - quelque chose du bien oublié et bucolique campagnard Joseph de Pesquidoux (1869-1940). Et le chapitre sur les « épisodes mystérieux et les personnages extraordinaires » respire le parfum des contes auvergnats de l’inoubliable Henri Pourrat (1887-1959)…

 

                                                                                                                                   Michel Boissard

 

Le Crêt de Fonbelle, M. Jeury, De Borée, Terre de Poche, 2010, 6,50 euros

                                                                                                                        

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