CONNAISSEZ-VOUS LE « MELOPERA » ?
Ancien élève de Gracq, Guy Dupré nomme « mélopéra » cette propension française à faire de la littérature une figure de l’identité nationale. Sur les trois romans que cet octogénaire a publiés (Les Fiancées sont froides, 1953 ; Le Grand Coucher, 1981 ; Les Mamantes, 1986) à rebours des modes de leur époque respective, viennent se greffer les critiques passionnées d’un lettré fervent. Qui redécouvre l’écrivain sulfureux et nîmois que fut André Fraigneau. Barrésien de la première heure – lisez ou relisez « Les étonnements de Guillaume Francoeur » - sombrant du côté de Weimar, en 1941, au Congrès des écrivains européens… Pour renaître après-guerre en des récits mêlant « l’élégance du cœur, le dédain des mauvais coups et la lucidité vigilante d’un aède-voyageur ».Qui nous guide dans un paysage jalonné par le pape du surréalisme André Breton, l’incessante jeunesse de Cocteau, le souvenir d’Alain-Fournier, les « hénaurmes » colères de Bernanos. En compagnie duquel l’on rencontre le rose-croix Jules Verne, l’apocalyptique toulousain Raymond Abellio (passé de Polytechnique à la Cagoule, via le trotskisme) ; l’auteur du « Bal chez Temporel » - André Hardellet – parolier de Guy Béart et obsédé romanesque de la fuite du temps, l’ « illuminé » Nerval, le provençal Maurras, les « guerriers » de la littérature, Drieu la Rochelle, Paulhan, Barbusse ou Montherlant… Sans oublier, de Napoléon à De Gaulle, le Pouvoir qui se gagne au bout de la plume ! Michel Boissard Je dis nous, G.Dupré, La Table Ronde, 2007, 14 euros
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