TOUS EN SCENE !
Henry Gidel, à qui nous devons un beau portrait de Coco Chanel (laquelle, on l’ignore souvent, avait des racines gardoises), republie trois biographies de « monstres sacrés » du théâtre français de l’autre siècle : Guitry père et fils, Feydeau et Sarah Bernhardt. Lectures rétro ? Festival de strass et paillettes ? Monde englouti d’une bourgeoisie repue ? Vaudevilles et caleçonnades ? Sous de trompeuses apparences, découvrons le dénominateur commun de ces quatre destinées. Ce qui unit ces personnages fabuleux à la scène comme à la ville, c’est le Jeu. Lucien Guitry (1860-1925) « était grand, beau, sa voix était généreuse ». De Ruy Blas à Chantecler. D’Armand Duval à Poil de Carotte ou Flambeau Le romantisme d’Hugo, Rostand et « L’Aiglon », Dumas et « La Dame aux Camélias », ou Jules Renard. Entre Saint-Pétersbourg et Paris, voici un demi-siècle de spectacles sous les feux de la rampe. Que Sacha (1885-1957), roi du Boulevard, par l’écriture comme par l’art de l’acteur, prolonge, étoffe, sublime. Sublime comme la mécanique du nonsense chez Georges Feydeau (1862-1921). Courez voir (ou lisez) « La Dame de chez Maxims », ce « Soulier de satin » du vaudeville – « spectacle complet », archétype de la comédie de mœurs. Redécouvrez enfin la vie rebelle de Sarah Bernhardt ‘(1844-1923). Elle fut Phèdre et Floria Tosca - L’Eternel féminin du féminisme. Et le modèle de l’inoubliable Berma créée par Marcel Proust !
Michel Boissard
Gens de théâtre. Biographies. Les Deux Guitry, Feydeau, Sarah Bernhardt. H Gidel, Omnibus, 2008, 30 euros